.just thinking about.
Par rafael, jeudi 24 mai 2007 à 00:38 | Évènements | #26 | rss
Alors que cela fait déjà plus d’un mois que nous avons posé nos fesses respectives sur les marches de la mairie de Paris, après des centaines de milliers de pas (pour ma part tout du moins…), cette marche est toujours dans ma tête…Et oui, on n'oublie pas comme ça 15 jours tellement particuliers, on ne tourne pas la page comme ça, après une expérience si folle…
En effet, 15 jours de marche, 15 jours coupés du « monde » de la vie habituelle, du stress des cours, des choses à faire.
Et oui, nos journées se résumaient à nous lever vers 8 heures 30 (+/- en fonction des aléas de parcours…), prendre un petit déjeuner, aller à la mairie, rencontrer (ou non) des élus, journalistes, curieux, partir, marcher, marcher, trouver la bonne route, arriver à savoir si c’est à droite ou à gauche le plus court, marcher, faire une pause, boire, grignoter, boire, marcher, encore et encore, passer à travers des hameaux, des villages, des villes, marcher, faire la pause repas (heure plus ou moins variable), manger, boire, délirer, se poser, boire, repartir, marcher, marcher, boire, regarder les champs, les vaches, discutailler, marcher, traverser des ruisseaux, marcher, faire une tite pause, se dire qu’on pourrait bien faire une sieste, mais repartir, marcher car on a une destination pour la journée. Arriver dans la ville étape, marcher, arriver devant la mairie, rencontrer des élus ou pas, des journalistes ou pas, marcher ou prendre la voiture, arriver à destination, vider la voiture, se poser, enlever ses chaussures, prendre une douche, se poser, manger ou aller manger, se poser, mettre son portable à charger ou pas, vider la carte mémoire de l’appareil photo ou pas, et puis discuter, délirer, jouer aux cartes ou pas, et puis, vers 22h, et bien, alors que les sacs de couchage sont déjà sortis, et bien, y aller, et puis, éteindre la lumière, se dire bonne nuit, et essayer de s’endormir avant les ronfleurs, s’endormir, dormir, se réveiller, mais se rendormir, car ce n’est pas l’heure, puis, retour au début du récit les amis 
Nos journées se sont suivis, pas mal ressemblées, même si certes, nous n’arrêtions pas d’avancer, nous rapprochant chaque jour un peu plus de la capitale…Mais la trame de nos journées elle, restait très…constante ! Mais ne croyez pas que nos journées se ressemblaient pour autant (je sais, je me contredis, mais bon…). En effet, les gens n’étaient jamais les mêmes, les logements, les douches, les repas, les rues, les champs, les vaches, les pauses, les délires (même si nous recyclions les blagues), les états d’esprits…
Les souvenirs ne sont pas ordonnés, ils viennent, comme ça, en vrac, sans dessus dessous, car ces 15 jours, ne sont qu’un puzzle de petits moments ! D’ailleurs, pendant la marche, nous étions tellement déconnectés que nous avions de mal à savoir quel jour nous étions, d’où nous venions la veille, et où nous irions le lendemain…Nous avons réussi à faire peur à des gens en leur demandant simplement si nous étions bien dans la direction de Paris…Mais, je dois dire pour les défendre que nous avions l’air plutôt allumé (« heureux les fêlés car ils laissent passer la lumière »), et tous avec nos casquettes, une carte à la main, un ti sac sur le dos, en T-shirts…
Nous avions décidé de décerner des oscars, mais nous ne l’avons toujours pas fait…peut être finirons nous par le faire…Je pourrais remercier ici des gens dont je me souviens avec plaisir, mais j’aurais trop peur d’en oublier…
Il y avait ce maire qui nous a accueilli en personne, nous as emmenés dans la maison où nous logions, nous a par la suite accompagnés au stade municipal afin que nous nous douchions…
Il y aurait ces femmes qui nous ont apportés des crêpes, des gâteaux, notre repas du soir, du café, nous ont accompagnés au stade pour la douche…
Il y aurait ce jeune homme qui est venu nous rencontrer à la mairie, puis où nous logions, pour nous soutenir, et nous signifier qu’il aurait aimé pouvoir participer, qui nous a dit que « Les pieds sur terre, la tête dans les nuages », et bien, « c’est trop ça ! » (excuse si je déforme tes propos, mais c’est ce que j’ai retenu…).
Il y aurait cette mère qui est venue, en posant un congé maladie, pour parler avec nous, et nous faire part du désÅ“uvrement des parents face à des enfants différents qui souffrent, des "cocottes minutes" qui sont sur le point d’exploser, des hp…
Il y aurait ces gens qui sont venus marcher avec nous pour soutenir notre action, pour venir nous voir, car ils nous trouvaient fous, car ils ne savaient pas quoi faire (je plaisante), car ils voulaient nous rencontrer…
Il y aurait cette petite fille qui même fatiguée ne voulait pas arrêter de marcher…
Il y aurait cet homme devant sa maison que nous avons croisé, et qui m’a proposé de l’eau, cette femme qui a bien voulu nous ouvrir notre boite de conserve de rondelles d’ananas.
Il y aurait ces hommes que nous avons croisés dans un sens, à qui nous avons demandé notre route, et qui, sur leur chemin du retour nous ont proposés de nous emmener à destination.
Il y aurait tous ces clins d’œil du chemin, des panneaux, de la route, de la nature qui nous ont souvent fait rire…
Il y aurait cette crêpe, ces spaghettis, ce serveur qui nous a apporté un steak frites avec de la moutarde et du ketchup, ce steak frites avec moutarde et ketchup, ce beauf carottes fait maison, ce riz surgelé cuit à la poêle avec l’amour d’une mère, ce plateau repas, ce couscous divin (oui, je suis sérieuse), ce pot au feu, ce repas fait maison avec amour que nous avons mangé à table dans une vraie maison, ces pizzas, ces spaghettis, ce repas italien, ces spaghettis, ces spaghettis, et ce barbecue…(désolé conseiller nutritionnel, promis, la prochaine fois, on fera plus attention…) !
Il y aurait les lits dans lesquels nous avons eu plaisir à dormir.
Il y aurait cet homme qui nous a rappelés que nous ne marchions pas vainement, et qu’il y avait des gens qui étaient à coté de la plaque… (je ne mâche pas mes mots ? croyez moi, là , je suis gentille…).
Il y aurait ces vaches qui nous ont fait réalisé qu’alors que nous serions effrayés si ne serait-ce que l’une d’elle nous courait après, elle avait peur de nous lorsque nous les approchions derrière une barrière.
Il y aurait ces gens que nous avons croisés et qui nous ont fait réagir, blaguer, sourire, rire, chanter, danser…
Il y aurait cette danse des fesses si … *adorable*
Il y aurait ces fesses que j’ai apprécié pincer…
Il y aurait ces camionneurs qui nous ont salués, klaxonnés, appelés de phares…
Il y aurait ces gens qui répondaient courageusement à nos coucous…
Il y aurait tellement de choses…de moments, de réflexions…
Je finirais par cette citation inédite du défi : « une chaussure sans pied ne peut pas avancer ».
23/05/2007




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