Un titre presque anecdotique pour une nouvelle qui ne l'est pas. Si apparemment cette nouvelle a fait beaucoup de bruit en Belgique, ce bruit ne nous est pas parvenu aux oreilles, ou alors je suis passé au travers. Mais plus d'un mois après, que peux-t-on en dire?

Retour sur les faits

La Situation

Arnaud a 12 ans, il étudie dans le collège Notre-Dame de Basse Wavre en Belgique, en deuxième secondaire. Il a donc une année d'avance par rapport à ses camarades. Il cherche à s'intégrer, autant que faire se peut. Car il est difficile de savoir ce qu'un enfant à haut potentiel a en tête. Il a quelques amis et son année se déroule plutôt classiquement, sans faire de flammes.

De mal...

C'est dans la nuit du 4 au 5 juin qu'Arnaud a décidé de quitter ce monde et ses tracas, au domicile familial. C'est évidemment un déchirement dans sa famille et dans son collège.

...En pis

En soi, la situation était déjà extrêmement difficile à vivre pour la famille d'Arnaud. Perdre un proche dans des circonstances aussi soudaines et aussi tôt est une véritable épreuve dans la cohésion de la famille (pour rappel, Jérôme Antoine Leune n'avait que 19 ans lorsqu'il s'est envolé). C'est dans ces moments que le soutien du plus grand nombre est nécessaire. Mais la presse en décide autrement... D'un enfant qui a quelques amis, Arnaud est passé pour martyre, frappé, selon plusieurs journaux, par tous ses camarades, insulté à longueur de temps, il en résulte une douleur encore plus grande pour sa famille, ses amis et plus largement tous ses camarades et professeurs.

L'explication

Je ne prétend pas ici dire que je sais pourquoi Arnaud a fait ce geste, car dans chaque suicide reste une part de mystère, mais je tiens simplement à rappeler qu'un enfant à haut potentiel n'est pas une machine à calculer. Selon les statistiques, un hp a une avance au niveau de la maturité de 4 à 5 années, mais au niveau de l'émotivité, c'est un enfant comme tous les autres et même encore plus émotif. Alors lorsqu'il cherchait à s'intégrer, il pouvait le faire maladroitement, en taquinant les autres, comme dit sur le blog mis en place par ses proches (lien plus bas). Il n'était pas très bavard sur ses états d'âme. Alors comment deviner et se préparer au pire?

Ici, personne n'est à blamer. Ce n'est pas toujours le cas, mais ici, rien, en apparence, laissait apercevoir ce qui allait se produire.

Comment éviter que cela se reproduise?

Malheureusement, Arnaud n'est pas le premier hp à faire ce geste. Nous évoquions lors du défi Nantes-Paris, Juliette, dont nous avons rencontré la famille à l'occasion du défi. Alors comment faire pour qu'il n'y ait plus d'autres Arnaud et d'autres Juliette? Il est essentiel que les tous enfants puissent trouver leurs place dans le système éducatif. Il est essentiel également que dans chaque école, que chaque professeur ait une véritable formation sur les enfants qu'on dit différents. A l'heure actuelle, cette formation est bien trop minoritaire pour qu'un professeur soit à même de savoir si un élève est bien dans sa classe.

Je tiens à présenter en mon nom propre, ainsi qu'à celui de JAL Fundation, mes plus sincères condoléances à la famille d'Arnaud et à tous ses proches. Nous nous battons chaque jour pour que ce genre d'incident ne se produise plus.

Billet publié avec l'aimable autorisation des proches d'Arnaud.

Blog tenu par la famille et les camarades d'Arnaud: ici. Vous pourrez ainsi leur faire part de vos condoléances.

Image du billet: Prise quelque part entre Nantes et Ancenis, le 31 mars, sur la route du Défi...