[Dossier]L'éducation remise en questions...
Par Xavier, mercredi 12 septembre 2007 à 13:58 | Éducation | #36 | rss
On le sait, la nouvelle a fait du bruit, une lettre de 32 pages a été adressée par le Chef de l'État à tous les enseignants pour un coùt total de 500 000€ environ.
Analyse de cette vision de l'éducation...
Dans cette lettre, Nicolas Sarkozy a choisi de nous faire part de sa vision de l'éducation, cette éducation qui lui tient tant à coeur. Car en effet, notre Président a bien compris l'intérêt d'accorder à la jeunesse toute l'attention et tout le soin qu'elle mérite, car c'est cette jeunesse qui, demain, tiendra entre ses mains la croissance et l'évolution du pays.
C'est donc à travers ce document que Nicolas Sarkozy nous livre ses idées, ses projets pour l'école. Nous n'y apprendrons rien de véritablement nouveau, mais c'est avec un ton à la fois chaleureux et paternaliste que nous découvrons les idées pour la refondation de l'éducation, terme qu'il a lui-même employé, preuve de sa volonté de remettre en question véritablement ce système vieillissant qu'est notre éducation.
Tout au long de ces pages, plusieurs notions reviennent très fréquemment. La première que je veux développer ici est celle de refondation et de sa nécessité. Car en effet, il y a une véritable nécessité à ce que l'école change et ça le Chef de l'État l'a bien compris et c'est bien la raison de cette correspondance.
Pour Nicolas Sarkozy, cette refondation commence tout d'abord par accorder plus d'importance à la transmission du savoir, selon le terme employé, il y aurait aujourd'hui "trop de nature et plus assez de culture", au sens où la nature de l'enfant, chaque particularité, a trop été mise au centre du système, en réaction au passé, où le savoir occupait le centre. Nous serions donc tombés dans un excès d'abord (vouloir que les enfants se dépassent, en laissant sur le bord du carreau ceux qui ne réussissaient pas), puis dans son opposé ensuite (chercher à mettre tout le monde au pas, en tirant vers le bas). Un constat est posé dès à présent: "L'échec scolaire a atteint des niveaux qui ne sont pas acceptables" (p6). Si j'étais pointilleux, je demanderai si l'échec scolaire est en soi acceptable, mais préfère passer sur ce point, afin de me concentrer sur la suite de la lettre.
Un deuxième constat est posé à la suite de celui ci: "L'inégalité devant le savoir et devant la culture s'est accrue.[...] Les chances de promotion sociale des enfants dont les familles ne pouvaient pas transmettre ce que l'école ne transmettait pas se sont réduites". Cette dernière phrase suit la logique de la transmission de savoir mise en avant par Nicolas Sarkozy. Mais une question reste en suspend: les ZEP auraient elles desservi l'éducation plus qu'elles ne l'auraient servi? Une certaine getthoïsation du savoir et de la culture se serait elle progressivement installée et ce, dans l'école même?
"Nous ne referons pas l’école de la IIIème République, ni celle de nos parents, ni même la nôtre. Ce qui nous incombe c’est de relever le défi de l’économie de la connaissance et de la révolution de l’information."
La notion la suivante a être abordée, est celle de Liberté, en rappelant la nécessité d'être instruit pour être véritablement Libre. Puis après l'accent est mis sur la difficulté d'éduquer, ce qui me plait est la première apparition et mise en avant de l'idée du potentiel de l'enfant, qui ne demande qu'à être exploité, afin que chaque enfant puisse "découvrir qu'il a des talents qui le rendent capable d'accomplir ce qu'il n'aurait pas cru lui-même pouvoir accomplir".
L'accent est ensuite porté sur l'idée même de la pédagogie: "Récompenser le mérite, sanctionner la faute", peut-être une chose qui s'est perdue dans les méandres de l'éducation, en pensant à récompenser le mérite mais en oubliant de sanctionner la faute. Puis c'est au tour de la question du respect d'être abordée. Le respect est particulièrement mis en avant, sous toutes ses formes, afin de faire rejaillir plus largement le respect dans notre société.
C'est ensuite au détour d'un paragraphe (p.12) que nous envisageons la réforme du collège unique, "pour que chacun puisse y trouver sa place, pour que les différences de rythmes, de sensibilités, de caractères, de formes d'intelligence soient mieux prises en compte[...]", c'est également à ce paragraphe que je constate avec bonheur que notre longue discussion avec le Conseiller de Monsieur le Président n'est pas restée vide de sens et a largement contribué à l'élaboration de la refondation de notre éducation.
Cette lettre est également l'occasion d'assoir le principe de laïcité à l'école, largement mis en avant car "la laïcité est à mes yeux un principe de respect mutuel et parce qu'elle ouvre un espace de dialogue et de paix entre les religions". La conscience passe également sur le tapis, entre conscience individuelle et conscience universelle, afin de développer la conscience nationale et la conscience européenne en chaque élève. C'est également une mondialisation vue comme un "aplatissement planétaire" qui est évoquée, dans le but de promouvoir notre diversité culturelle.
Le point suivant sur lequel je souhaite revenir est le souhait remarqué et affirmé de Nicolas Sarkozy de remettre au gout du jour la culture, via la littérature, le théâtre, la poésie, la philosophie, la science. Cette culture est alors conçue comme un moyen d'expression en opposition avec le moyen choisi de manière grandissante, la violence. Cette culture vue comme un art qui sait "exprimer ce que l'homme a de plus émouvant, de plus pathétique, de plus tragique en lui".
Ensuite l'apprentissage par coeur fait son entrée. Conçu non pas comme quelque chose d'omniprésent, mais d'avantage comme quelque chose de nécessaire pour certaines choses. Tout ne doit pas s'apprendre par coeur, tout comme tout ne doit pas être laissé à la découverte de l'enfant.
"Il faut que nos enfants rencontrent des écrivains, des artistes, des chercheurs, des artisans, des ingénieurs, des entrepreneurs qui leur feront partager leur amour de la beauté, de la vérité, de la découverte, de la création. Des liens doivent être tissés entres les institutions culturelles, les centres de recherche, le monde de l'édition, des entreprises et les écoles, les collèges, les lycées."
Un passage suivant a particulièrement relevé mon attention, car c'est un point de vue que je partage entièrement. Critique est faite de l'opposition que l'on fait dans notre système entre manuel et intellectuel. Les formations professionnelles sont en effet considérées comme des voies de garage, au lieu d'être vue comme une véritable occasion d'épanouissement de celui qui aura choisi cette voie.
Puis Nicolas Sarkozy rappelle la nécessité "d'élever le niveau d'exigence, non pas en quantité mais en qualité.", en promettant une réduction du nombre d'heures d'études pour les élèves. Son principe est très simple "donner le maximum à chacun au lieu de donner le minimum à tous." C'est ensuite un élargissement du terme "éducateur" qui est effectué, en ne considérant pas simplement les professeurs avec l'aide des parents, mais tous ceux qui sont au contact de l'enfant, dans quelque milieu que ce soit.
Nicolas Sarkozy s'adresse ensuite directement au parent qui sommeille en chaque professeur, pour leur rappeler qu'ils sont les premiers éducateurs. Promesse est ainsi faite que des internats d'excellence seront créés, idée au combien salutaire. Une promesse suivante est que "vous [les enseignants] pourrez choisir la pédagogie qui vous semblera la mieux adaptée à vos élèves". Une plus grande autonomie sera donc accordée à chaque professeur dans sa classe, afin de mieux réussir sa mission éducative.
C'est non sans dire que les moyens devront être mieux employés et non pas rationnés, que Nicolas Sarkozy referme cette lettre en ces termes:
"Le temps de la refondation est venu. C'est à cette refondation que je vous invite. Nous la conduirons ensemble. Nous avons déjà trop tardé."
Vous l'aurez compris, dans cette lettre Nicolas Sarkozy fait le tour de la question de l'éducation en cherchant à en réguler tous les tenants et les aboutissants. Cette lettre contient de très belles déclarations et de très bonnes idées. Nous nous rendons compte d'ailleurs à quel point nous avons été écoutés lors de notre passage à l'Élysée en juin dernier. Il ne nous reste plus qu'à espérer que ces déclarations seront suivies d'effets les meilleurs. Une seule remarque me vient à l'esprit après avoir achevé ce dossier, il n'a pas été fait mention de la régulation de l'éducation nationale par une autorité indépendante. C'est un point en effet très important et qui nous tient à coeur, dans la mesure où nous considérons que l'éducation nationale n'a pas à être juge et partie dans ses dossiers.
La lettre est disponible sur le site de l'Élysée.




Commentaires
1. Le jeudi 4 octobre 2007 à 14:13, par Xavier C.
2. Le vendredi 5 octobre 2007 à 00:51, par Xavier
3. Le vendredi 5 octobre 2007 à 21:03, par Xavier C.
Ajouter un commentaire