La gifle
Par Bernard, lundi 11 février 2008 à 10:26 | Éducation | #52 | rss

Gifler un enfant physiquement ou psychologiquement est l'arme des lâches et des irresponsables.
Il ne nous appartient pas de juger. Simplement nous nous réjouissons que la loi soit enfin la même pour tout le monde.
Un ordre ? Une question ? Une bousculade ? Une insulte, une gifle, une garde à vue, une exclusion… je réprouve l’insulte et la gifle mais ces faits matérialisent l’absence de respect de part et d’autre et c’est inacceptable.
Dans chaque situation il existe un continuum historique et je refuse de croire qu’il n’y a pas d’antécédents pour que deux personnes se retrouvent dans cette situation. On ne nous fera pas croire que soudainement un Professeur devient maltraitant et qu’un enfant devienne insultant sans motif. Dès lors, il convient de rechercher le fondement de ces réactions.
Je trouve cette situation déplorable et finalement cette situation est le reflet des silences et des non-dits, de l’accumulation de rancunes qui trouvent leurs dénouements dans un instant grave de « folie, un instant de pétage de plombs ».
Dans le livre Derrière le tableau http://www.derriereletableau.fr j’évoque en introduction : « Le Respect. Les parents ont des droits mais également des devoirs et doivent comprendre plus généralement que nous attendons des Enfants qu’ils respectent les Enseignants, les éducateurs et les personnels des institutions. Nous considérons que les enfants doivent s’adresser aux personnels avec politesse et respect. Les Enfants se rendent à l’école pour acquérir des connaissances, se construire et préparer leur avenir. En retour, nous demandons que les Enfants soient respectés de la même manière et considérons qu’ils doivent être accueillis dans les institutions avec courtoisie comme des hôtes auxquels il convient d’apporter le plus grand soin.
Nous fondons notre action sur la responsabilité de chacun et sur le respect de tous ! »
Hélas trop souvent oublié… ne dit on pas que l’exemple vient d’en haut ?
Les conditions réciproques de ce respect sont-elles garanties ? Non !
Pourquoi en vient-on à des Maltraitances verbales, à des violences psychologiques et ou physiques ? Le harcèlement, la discrimination, la ségrégation, le refus de reconnaissance, les dénigrements, les humiliations, l’indifférence, les rejets, le terrorisme, les injustices, les abus de pouvoirs, les manquements, source de violences ne seraient-ils pas à l’origine des tensions supportées et des trop nombreux dérapages.
Les bleus à l’âme ne se voient pas et tuent plus sûrement un enfant qu’un coup de poing.
Dans le chapitre qui traite des enseignants j’aborde la question du suivi médical « Dans la société qui évolue en permanence, chacun a ses vicissitudes y compris les Enseignants qui exercent un métier très difficile. Tenir au quotidien une classe hétérogène avec des élèves qui ne sont pas tous toujours très volontaires pour être sur les bancs de l’école, nécessite une condition physique remarquable. Dans ces conditions, nous pouvons comprendre que sous l’effet de l’énervement, des mots malheureux puissent malencontreusement échapper à leur auteur. Cependant, cela est bien entendu inacceptable. Mais sont-ils les seuls responsables ? Non, bien sûr ! Nous estimons que chaque Enseignant devrait avoir le droit comme chaque salarié en France à une visite médicale annuelle pour mesurer sa capacité nerveuse à encaisser une journée avec des Enfants… C’est trop facile de dire « ils ont choisi ce métier en toute connaissance, ils ont signé, ils n’ont qu’à exécuter » Depuis plus de 20 ans les enseignants en sont privés…Quel en est le motif ? »
Finalement quelle est la responsabilité de la hiérarchie de l’Education Nationale qui observe ses Professeurs se noyer et les enfants trinquer sans mettre en place les réponses organisationnelles qui s’imposent.
Trop d’enfants sont sur les bancs de l’école sans motivation. On fait jouer une partition aux professeurs qui n’est pas prévue dans leurs contrats. Les uns se transforment en éducateurs et les autres en assistants sociaux. Quelle est la place de l’Enseignement et de la transmission des savoirs ?
Avant de prononcer des sanctions, la sagesse voudrait que soit examiné l’ensemble des paramètres et que le Professeur et son Elève ne soit pas simplement condamné pour l’exemple.
Avons-nous compris pourquoi, avons-nous compris comment ?
JAL pourrait naturellement soutenir l’élève. Mais sur quel critère, pour le principe avez-vous dit. De nombreux professeurs soutiennent le Professeur-gifleur par corporatisme ! Pensez-vous que ce soit sérieux ?
Certes la courbe d’expérience montre qu’il y a toujours un faisceau de faits déclencheur mais il me semble en la circonstance que la modération et la réflexion s’imposent.
Le mépris avec lequel les parents sont reçus… les gifles (au figuré) que prennent les parents en rencontrant les enseignants… « J’accompagnais chez l’inspecteur académique(IA) départemental, une famille dont l’enfant faisait l’objet de mauvais traitements psychologiques scolaires. L’IA m’a dit dans le couloir « je ne suis pas obligé de vous recevoir, vous n’êtes pas le bienvenu ». Bien évidemment qu’il était obligé de me recevoir dès lors que la famille me demande de les accompagner ». Mais c’est pour vous montrer que les familles ne sont pas écoutées. Encore un dossier classé…
Dès lors, il faut séparer les pouvoirs. L’EN ne peut plus être juge et partie… Il n’est plus question d’admettre que les personnels de l’Education Nationale soient audités par des personnels de la même administration et qu’ensuite il fasse la même réponse à l’autorité judicaire en disant « nous n’avons pas observé de mauvais traitements sur élèves » et l’autorité judiciaire de classer le dossier.
Je suis opposé à l’exclusion d’un élève qui n’est pas une réponse éducative. Plutôt que d’exclure un élève qui ne respecte pas un membre de la communauté éducative, il faut proposer une formation obligatoire de l’enfant et de la famille sur les règles de bonne conduite en société dont à l’école (style récupération de points comme pour le permis de conduire) et ou encore une sanction d’intérêt général. En ce qui concerne les propos réactifs…il faut envisager davantage une mesure plutôt informative. Pour les enseignants, il faut envisager une formation obligatoire, un suivi par une autorité indépendante et une sanction d’intérêt général. Formation obligatoire sur le temps de vacances, finalement comme pour les parents et les Enfants, sur les règles de bonne conduite dans l’enseignement et dans la vie en générale.
Bien évidemment, seule une autorité indépendante peut décider des sanctions, idem pour les conseils de disciplines qui pourront apprécier en toute impartialité. Aujourd’hui ce n’est pas le cas et l’enfant n’est jamais défendu dans les dossiers traités.
Je suis surpris par la garde à vue et c'est la première fois dans une telle situation. Nous traitons beaucoup de dossiers avec des cas avérés et classés sans suite... Sur un dossier il est difficile de faire plus vite dans son classement par un Procureur 3 jours et sur un autre dossier 3 semaines au TA.
Les violences psychologiques restent encore impunies. La législateur devra légiférer. Paul During, chercheur et Directeur de l’Observatoire Nationale de l’enfance en danger dresse un panorama des violences psychologiques et leurs conséquences. A voir sur notre site http://www.jalfundation.info et notamment à la rubrique maltraitances signes d’appels et leurs conséquences.
Je vous invite à découvrir le résumé de « Derrière le tableau » et vous recommande de lire ce livre pour le bien-être de tout le monde.




Commentaires
1. Le mardi 12 février 2008 à 11:33, par Martin
2. Le lundi 18 février 2008 à 08:00, par Bernard
3. Le dimanche 24 février 2008 à 12:26, par François
4. Le dimanche 24 février 2008 à 12:27, par Henri
5. Le samedi 1 mars 2008 à 15:51, par Faj
6. Le lundi 3 mars 2008 à 08:03, par Bernard
7. Le mardi 1 avril 2008 à 14:37, par la gifle du nord
8. Le mardi 1 avril 2008 à 22:16, par papillon
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