Ce en quoi je rejoins le discours général. Il faut s’adapter à chaque situation et ne pas faire la promotion de ce qu’ils ne connaissent pas encore. Nous sommes davantage dans des situations avec des « comportements chtarbé (idiots) qui tuent ». Chacun d’entre-nous le sait, les enfants aiment repousser les limites et une activité qualifiée de « jeu même dangereux » par les adultes ne les arrête pas. Ils aiment transgresser les règles et en particulier ce qui est « interdit ». En disant à un enfant qu’il joue à un « jeux dangereux ou interdit » c’est le valoriser auprès de ses copains. Il a « joué » c’est un « héros » Si on remplace les mots par « Idiots, « tébé ou con (bêtes) », stupides, benêts, etc. », l’enfant se sentira plutôt dévalorisé et quelques-uns probablement se sentiront ridicules « j’ai trop le dossier (j’ai trop la honte) ». Pour une compréhension du mot « dangereux » au sens que nous évoquons, il faut dire « dangereux qui tue, tébé qui tue ».

Par exemple, dire qu’un jeu est « mortel », signifie dans le langage « djeunzs, jeunes) » que le jeu est « bien, beau, dont on peut se réjouir ». Pour dire que ce à quoi ils jouent « c’est n’importe quoi » il faudrait dire « c’est nawak ou nimp ce que tu fais là ». Si on veut redonner au mot « mortel » son sens, il faut écrire « mortel qui tue ».

Si nous n’adaptons pas nos mots à la cible concernée par nos messages, on passe à côté.

Je remercie Madame Duwelz Présidente de sosbenjamin pour son courage et son combat pour que cessent ces « comportements tébé qui tuent (bête) ». Si je partage ses convictions sur la nécessité d’informer graduellement en s’adaptant aux pratiques des enfants, je suis plus nuancé dès lors qu’elle indique que « personne n’est responsable et que c’est la faute à la société ». C’est un propos de circonstance qui contribue à déresponsabiliser un peu plus chacun d’entre-nous qui composons cette société. Lisez mon post sur « Noélanie, martyre de la République de France » sur http://blog.jalfundation.info/index.php/2008/02/13/54-noelanie-martyre-de-la-republique-de-france et http://noelanie.unblog.fr/

Chaque parent qui a l’autorité parentale, est responsable de ses enfants. Chaque personnel éducatif est garant de la sécurité des enfants dès lors qu’ils sont sous sa responsabilité au même titre qu’un employeur est responsable de la sécurité des personnels dans son établissement. Excepté que les uns sont mineurs et les autres majeurs.

Le plus sûr moyen pour que les enfants continuent à avoir des «comportements idiots et qu’ils meurent » c’est de persister à dire c’est la faute à la société. Ainsi chacun ne se sentira pas responsable. Les parents diront je vais compter sur la société pour en parler à mes enfants, les enseignants diront je vais compter sur la société pour surveiller la cour de récréation, les toilettes, etc.…

Facile cette fuite en avant. Cela arrange beaucoup de personnes.

Et bien OUI !

Nous sommes tous responsables collectivement de l’évolution de la société.

Nous sommes tous responsables individuellement, là où nous sommes, des enfants qui nous sont confiés.

Nous sommes, chaque parent, responsables de l’éducation de nos enfants en respect de lui-même et des autres enfants et adultes…

Les chiffres des enquêtes « TnsSofresHealthcare, Fondation de l’Enfance et SosBenjamin http://www.sosbenjamin.org/ » et « Ipsos Apeas, http://www.jeudufoulard.com/ Présidente Françoise Cochet » sont révélateurs du problème qui se pose à nous. Tous les enfants sont concernés de la maternelle au lycée.

12,5% d’enfants ont pratiqué et ont des « comportements stupides qui tuent,» soit 1 enfant sur 8.

26 % reconnaissent avoir déjà assisté à ces « comportements imbéciles qui tuent» soit 1 enfant sur 4.

A l’échelon national sur la base des chiffres de l’Insee, environ 12 millions d’élèves sont scolarisés. Il y a donc en France 1,5 million d’enfants qui ont des « comportements stupides qui tuent » et près de 3 millions d’élèves qui auraient déjà assisté à ces imbécilités qui tuent. On pourrait aussi dire en langage actuel que 1,5 millions de « narvalo, mec (garçon » et de « narvali, meuf (filles) » ont des comportements avec le « chiro (cerveau) » dans les « Nike (nuls, bêtes)» Parmi les enfants qui révèlent une pratique fréquente, 7 sur 10 indiquent pratiquer à l’école mais aussi 5 sur 10 disent pratiquer dans leur quartier, …

Parmi les « comportements stupides », on observe des « comportements d'asphyxie, de strangulation, de suffocation et d’agression». La pratique qui consiste à arrêter l'irrigation du cerveau par compression de la gorge pour ressentir des sensations intenses semble la plus répandue. Ils se nomment « jeu du foulard, rêve indien ou bleu, grenouille, cosmos, jeu des poumons, de la serviette ou de la tomate ». Chaque année, de nombreux jeunes – parfois très jeunes – en meurent. D’autres restent handicapés à vie. Les séquelles neurologiques sont extrêmement graves : crises épileptiques, paralysies, états végétatifs. Les vrais chiffres sont méconnus car trop souvent, ils sont regroupés en accident de la vie.

Dans les « comportements de non-oxygénation », les signes physiques suivants doivent nous alerter : traces rouges autour du cou ; joues rouges ; violents maux de tête à répétition ; troubles visuels (mouches volant, vision floue…) ; bourdonnement d’oreilles, sifflements ; fatigue ; défaut de concentration, oublis, absences brèves de conscience, défaut de mémoire récente. Parmi les indicateurs comportementaux qui doivent retenir notre attention : une corde, foulard, ceinture que l’enfant garde avec lui sans motif précis ; une agressivité soudaine verbale ou physique ; un isolement, un repli sur soi ; pose des questions sur les effets et les risques de non-oxygénation, de strangulation.

En ce qui concerne les « comportements d'agression » : cannette, ronde, petit pont, mort subite, taureau, Beyrouth, cartons rouges, cercle infernal… il s'agit de faire usage de la violence d’un groupe de jeunes envers l'un d'entre eux. Cette violence peut être intentionnelle. Au sein d'un cercle de jeu, un objet est lancé ; le joueur qui ne le rattrape pas est alors roué de coups par les autres ou encore l’un des leurs, pris au hasard, est mis au centre d’un cercle et les autres lui tapent dessus. Les effets du groupe sont importants. La violence peut aussi être contrainte, ce qui est alors une agression pure et simple contre un enfant qui ne participe pas au jeu. Concernant ces signes d’appels, il faut se reporter à la rubrique suivante : http://www.jalfundation.info/page-signes (un nouveau site est en développement et vous devrez peut-être rechercher dans les nouvelles rubriques).

Pourquoi ont-ils ces comportements ?

Grégory Michel, professeur de psychopathologie et de psychologie clinique à l’université Bordeaux 2 et psychologue à l’hôpital Robert-Debré, à Paris explique qu’aucune famille n’est à l’abri. Il indique aussi qu’ils ne sont pas suicidaires mais tout simplement intrépides et curieux et ont un « appétit » pour les nouvelles choses sans conscience du danger pour 52% d’entre eux.

Je ne suis pas certain que « l'appétit, (l’attirance) » évoquée par Grégory Michel explique tout… Dans l’intervention des conférenciers et dans les différentes lectures, un fil conducteur, une rengaine permanente, un leitmotiv apparait : Recherche de mise à l’épreuve ; Conduites pour exister ; Sentiments d’existences ; Intensité émotionnelle…. peut s’identifier à une « sensation forte », ce qu’ils recherchent.

Dans les jeux en « réseaux », les enfants se réfugieraient dans un monde « virtuel » qui apparaîtrait « meilleur », un monde où l’on peut « briller par ses performances » et progresser dans la « hiérarchie », un monde aussi « solidaire »… Doit-on en déduire que ce que nous leur proposons à la maison, à l’école, ne les aide pas à progresser, ne les aide pas à être performant ?

Quelle « société réelle » construisons-nous pour que les enfants et les jeunes se réfugient dans une « société virtuelle » meilleure selon l’analyse de Serge Tisseron, psychiatre, psychanalyste, directeur de recherche à Paris X-Nanterre et de Thomas Gaon, psychologue clinicien en addictologie au centre Littoral Villeneuve. Je reviendrai dans un autre post sur les jeux en réseaux.

Leur vie réelle serait-elle dénuée de sens pour qu’ils éprouvent le besoin d’ajouter du piment et de se réfugier dans le « virtuel ». En fait ce qui serait intéressant de comprendre et les questions que nous devons nous poser : que recherche-t-ils qu’on ne leur propose pas, que ne nous leur donnons pas ? Que leur donne-t-on alors qu’on ne devrait pas le faire ? Que faisons-nous de cette société réelle dans laquelle ils ne se sentent pas bien ? On peut faire toutes les études, si on ne sait pas répondre à la question « pourquoi ? »…

Alors que j’informais des familles de ces « comportements stupides», plusieurs personnes m’ont fait observer que les uns comptent sur la société et manifestent leur mécontentement lorsque cela ne va pas. Les autres se déchargent sur les enseignants et considèrent que ces derniers sont dans leur rôle d’éducateur et que par conséquent, ils doivent informer et mieux surveiller leurs cours de récréation et que si finalement des activités étaient proposées il n’y aurait pas de problème. Ce en quoi je n’en suis pas si certain… Le propos de Yan Bour, doctorant en anthropologie au laboratoire d’Anthropologie et de Sociologie Mémoire, Identité et Cognition sociale est intéressant. Alors qu’ils avaient organisé au sein du collège des jeux et des activités pour occuper les enfants au moment de pauses, ils rencontrèrent un vif succès pendant plusieurs semaines. Au fil du temps, de moins en moins d’enfants participèrent à ces activités et de conclure qu’il fallait finalement que les vrais « jeux et activités doivent être désorganisés ».

Un certain nombre de parents indique aussi que selon eux, des parents ne consacrent pas suffisamment de temps à leurs enfants. Ils ne connaissent que le mot vite : « Vite, lève-toi, ton petit déjeuner, vite prends tes affaires, on est en retard, vite en voiture, à ce soir mon chéri, salut, à ce soir, ….

Quelques parents semblent préférer profiter des rares moments qu’ils ont avec leurs enfants pour ne pas avoir à faire d’éducation et pour tout simplement jouir au mieux de l’instant présent en évitant les conflits éducatifs.

Désolé pour ceux qui croient le contraire mais « Ã©duquer un enfant » ne consiste pas simplement à lui donner à manger, ni qu’un toit pour dormir, ni que des enseignements, ni que des cadeaux… donnons-leur de l’amour, donnons-leur du temps… sachons nous arrêter pour les écouter et leur parler.

Nous savons que plusieurs centaines d’enfants sont morts des stupidités de « j… qui tuent… » 200 pour les uns et beaucoup plus pour les autres. Il semble que personne ne veuille vraiment avancer de chiffres du fait même que ces décès sont attribués diversement à des « suicides » ou à des « accidents ». Quant au « pourquoi »… Combien de minutes avons-nous consacré aujourd’hui à nos enfants ?

Pour leur plus grand bien, il faudra probablement revoir notre modèle éducatif-économico-sociétale.

Enfffiiiin, et si c’était simplement pour attirer l’attention ?

Il est important d’informer et nous vous remercions de prendre les dispositions qui s’imposent et de relayer l’information. Si les enfants ne veulent pas aller à l’école, ont mal au ventre, POSEZ-VOUS la question : POURQUOI ? A lire « Derrière le tableau » édition BeOneself, http://www.derriereletableau.fr Personne ne pourra plus dire « je ne savais pas ».