Ecole : Darcos et la difficile équation de la trilogie AE-IE.
Par Bernard, mercredi 7 mai 2008 à 17:20 | Éducation | #69 | rss
Dessin: Philippe GELUCK http://www.geluck.com/
L’Education Nationale souhaite réduire l’échec scolaire de 15% à 5%. Sur une classe d’âge, elle admet qu’environ 1,8 million d’élèves « passe à la trappe »…
Sachez, chers parents, que tous les enfants ne sont pas comptabilisés dans ces chiffres et finalement c’est 1 enfant sur 3 qui se retrouve en situation extrême soit près de 4 millions d’élèves.
A mauvais diagnostic, mauvais remède.
Nos analyses montrent 3 groupes notés A, B, C. Pour 8 millions d’élèves du groupe B, le programme est adapté, pour 2 millions d’élèves du groupe A, il est trop rapide à trop compliqué, pour 2 autres millions du groupe C, il est trop lent à trop facile. Tant que l’école ne comprendra pas que la structure cognitive de tous les enfants est différente, aucune réforme ne pourra fonctionner…
La notion même de « classe d’âge » doit être réformée au profit de la notion de « compétence » à l’intérieur de « matières ». Les écoles avec des classes multi-niveaux tirent leur épingle du jeu en affichant des résultats supérieurs aux classes mono-niveau. Alors que l’Education Nationale dispose des chiffres, même ce qui est élémentaire, elle ne l’a pas compris. Dans les classes multi-niveaux, ceux qui appartiennent au groupe C peuvent se nourrir des enseignements des niveaux supérieurs, ceux qui font partie du groupe A, peuvent réviser en réentendant les apprentissages précédents. Oui je suis d’accord avec la réduction du programme et son approfondissement pour le groupe A. Je suis favorable à des réaménagements pour le groupe B et à un renforcement pour le groupe C.
Quand j’entends les enseignants opposés à la lecture dès 5 ans, je m’interroge des critères scientifiques sur lesquels ils se fondent pour décréter que c’est à 6 ans et pas avant. Chaque enfant a son rythme et il convient de le respecter. Certains lisent d’ailleurs très jeunes. Dans les années 60, 20% des enfants arrivaient en CP à 5 ans. Soyons objectif, il y avait ceux qui avaient des dispositions et ceux pour qui cela arrangeait les parents. Cependant, de nombreux enfants arrivaient en CP en sachant lire.
J’entends aussi que les cours de soutien visent en partie à réduire la fréquentation des « cours privés ». Environ 70% des élèves fréquentent ces instituts. Ne trouvez-vous pas cela inquiétant qu’autant d’enfants aillent en soutien ? Pourquoi ? Cela ne confirme-t-il pas la trilogie IE : Inadaptation des enseignements, inadaptation des élèves, inadaptation des enseignants ? Pensez-vous sérieusement dès lors qu’un enfant n’obtient pas de résultats avec son enseignant qu’il aura envie d’y aller le samedi matin et pendant les vacances ? Ne pensez-vous pas que l’absence de résultats peut être l’expression d’une situation délicate, d’un mal-être à l’école et ou à l’extérieur de l’école ?
Monsieur le Ministre Xavier Darcos, je sais que vous êtes tributaire des lobbys corporatistes comme les élèves sont tributaires des notes de ces derniers et comme les parents le sont également, pieds et poings liés par un système inégalitaire et inefficace pour leurs enfants et qui évolue, non pas dans l’intérêt des enfants mais dans l’intérêt des minorités privilégiés qui le composent, mais quand se décidera-t-on réellement à faire de l’enseignement adapté aux enfants ? Quand ?




Commentaires
1. Le jeudi 8 mai 2008 à 07:46, par petitpapillon
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