L'éducation : peine de perpétuité au royaume de l’ennui par Sarah Marzi
Par Bernard, mercredi 4 mars 2009 à 15:26 | JAL, tous les jours | #97 | rss
Catherine de Saugy, Révélation, on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux, technique mixte, huile et acrylique sur toile, 70cm*60cm, Copyright, tous droits réservés.
Catherine de Saugy est née à Genève, Suisse. De la musique qu’elle étudia au Conservatoire de Genève et l'art graphique à l'Ecole des Arts Décoratif, elle décide en 1992, de consacrer toute son énergie à sa profession d'artiste peintre.
En véritable créatrice, Catherine réinvente l’art pictural qui lui permet de développer un style très personnel, affirmant son talent et son indépendance des courants artistiques. Une illusion entre virtuelle et réelle, de la toile à sa transposition après de nombreuses étapes technologiques sur verre acrylique, lui confère un style sans équivalent contemporain.
Catherine est une artiste très talentueuse en recherche permanente de l’excellence et de la qualité et m’ouvre la voie pour vous présenter le post de Sarah Marzi, électron libre, en recherche aussi d’excellence.
La confiance, la confiance, encore la confiance est la condition sine qua non…
L'Education : peine de perpétuité au royaume de l’ennui
L’éducation que l’on nous propose satisfait la grande majorité d’entre nous. Ceux-ci je veux dire, la fraction qui s’en est contentée est citée en exemple, heureux d’apprendre les médiocres miettes dont les détenteurs du savoir daignent nous nourrir.
Pour d’autres en revanche, il n’en est pas de même. Les rudiments qui nous sont inculqués sont parfois tellement sommaires et prévisibles qu’il n’est alors pas compliqué pour les plus combatifs d’aller se nourrir ailleurs. Pour ma part, j’avas élu résidence à la Bibliothèque Municipale de Levallois-Perret pôle Alsace, rayon psycho. Oui c’est sûr qu’un enfant de 7ans, posté dans un coin dévorant le dictionnaire de psychologie pendant que ses congénères découvrent les images infantilisantes et débilitantes (parce que désolée, mais je n’ai pas trouvé d’autre mots) des livres pour enfants ça faisait un peu tâche ! Mais bon le livre était tellement gros et puis j’ai vite compris que les livres pouvaient êtres lus en dehors de leur rayon… Génial ! L’ogre ne mange plus les enfants ! Je pouvais lire l’histoire, la psycho, les poèmes d’amour au rayon BD entre Boule et Bill et autres ! L'Education : peine de perpétuité au royaume de l’ennui Le jour où maman m’a dit : « tu es grande maintenant, tu vas enfin pouvoir aller à l’école ! Tu vas voir, tu vas apprendre plein des nouvelles choses ! ».
J’imaginais que la prof nous donnerait des collages et des coloriages (ce qu’elle a fait je vous rassure) et que dans un élan de passion instructive elle nous dirait : « Et si vous laissiez tombez vos crayons ? Que diriez-vous si je vous racontais une véritable histoire ? Pleine de héros, de suspens (et oui le week-end, ce n’est pas toujours génial !), de rebondissements et de boulets corrompus jusqu’à la moelle épinière ? »
Voilà ce que j’attendais de l’école : une histoire passionnante de mon pays, une histoire enivrante entre conjugaison et orthographe ; une lutte effrénée entre les multiplications et les divisions qui se disputeraient un royaume de soustractions et d’additions !
Au final j’ai eu droit, bien plus tard aux Groupes nominaux, aux adverbes, aux tables, et clou du spectacle : pas d’histoire, que de la géo ! Si si franchement j’ai adoré apprendre à faire la distinction entre une colline et une montagne ! Non franchement vous croyez vraiment qu’en CM2 on ne sait pas ce que c’est ? (oui bon je passe sur les enfants parisiens qui croient que la tour Eiffel est le bout du monde, et que les haricots verts sont cultivés dans un rayon surgelé !). Non vraiment, le suspens a assez duré, la prof n’a jamais eu d’élan. Et j’ai fait plein de choses super enrichissantes comme les coloriages et récolter les feuilles dans la cour de récré ouhou ! J’en rêvais justement ! Non non les amis ce n’est juste que le début de la scolarité, et comme j’ai choisi de faire de longues, non très longues études au final, j’ai écopé d’une peine de perpétuité au royaume de l’ennui, succombé par des pions passionnés par leur boulot, et des profs dépressifs !
Franchement les gars, le programme chapeau ! Parlons-en ! Vachement bien fait, si je considère que j’ai fait, pendant mon collège et mon lycée la première et la deuxième guerre mondiale, je suis au regret de vous informer que l’histoire de la France est un peu plus vaste ! Au final, mes parents avaient le câble, et la chaîne planète me fit un magnifique résumé peuplé d’images et de témoignages. En une semaine tout aurait pu être bouclé ! Et quand par miracle un de mes profs envisagea de faire l’Egypte, il fit grève et on passa au chapitre suivant : la première guerre mondiale. Imaginez mon désespoir ! Encore elle ! non pitié mais qu’ai-je fait à l’éducation nationale ?! Sans compter des programmes de français ! Oh rage oh désespoir ! Mais pourquoi me fais-tu lire des histoires de yétis, mal rédigées pleines de fautes de syntaxes ou de jeunes détectives sur internet pleines de fautes de conjugaisons, alors que Victor Hugo pendant ce temps-là narrait la sombre histoire d’une gosse, faut le reconnaître peu chanceuse, ou que Voltaire donnait vie à un mot que ma mère employait pour me définir ! « Tu es si Candide ma chérie, tu verras, l’année prochaine tu auras un autre prof, il te fera aborder d’autres thèmes ! » Laissez-moi dire les amis, le Candide dans l’histoire c’est les parents, c’est vous.
Ils pensent envoyer leur gosse dans une école qui va leur apprendre des choses, alors qu’il suffit de louer Planète, CNN et MTV (pour l’anglais) et une encyclopédie pour le reste. Au final je retiendrais d’une grande partie de mon enseignement : les nuages, les oiseaux, les plantes quand y’a du vent ça bouge, et le pitié fais moi penser pour que je puisse enfin être !
Voilà ce que fut mon éducation jusqu’à l’apparition de Métro ! Oui, oui le journal, et n’oublions pas le 20 minutes (certains d’entre nous s’en souviennent). Honnêtement j’ai appris plein de nouveaux mots, le sens de métaphore et d’énigme ! Magnifique non ?
Au final pour faire bref, il fallut que je pourvoie à mon éducation. Mais n’ayez crainte je m’en suis rendue compte dès ma première année de maternelle, ce qui m’a permis en deuxième année (soit chez les moyens) grâce à « des chiffres et des lettres » et aux pubs, de savoir lire et écrire en français et en italien ! Imaginez un peu mon désespoir quand Ratus et Belo firent leur apparition en CP. J’étais dépitée, et j’ai pris mon destin en main. J’ai commencé à lire de la psycho pour comprendre pourquoi les adultes étaient aussi compliqués. Puis je me suis attachée à l’histoire, la géopolitique, le code de la route en CE1 (au final j’ai toujours pas mon permis), et la littérature dès le collège. Je pensais que je pouvais laisser croire aux adultes qui m’avaient condamnée à « l’école » que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes sur la planète gosse. Mais au final, répondre par « Et qui sait si quand je joue à ma chatte, elle ne joue de moi plus que je ne joue d’elle » à une prof de français sur un ton sarcastique triomphé d’un « et qui sait si quand vous jouez avec moi, je joue de vous plus que vous ne vous jouez de moi » avec un grand sourire fière de moi, fit tomber le masque. J’étais démasquée ! Diantre une tête d’ampoule ! Début du calvaire, mauvaises notes par dizaines et humiliations à profusion ! Bon pour faire court, j’ai appris plus en quelques rayons de bibliothèque qu’en une tripotée d’années d’enseignement.
Alors, je crois que même si mon histoire peut paraître drôle parce qu’en effet elle l’est dans un certain sens, un enfant qui comprend que le système est défaillant et que les infos données en cours ne sont pas suffisantes fait probablement sourire la moitié d’entre nous. Mais dans un autre sens, elle est dramatique. Car ce petit aparté illustre parfaitement l’ennui que peuvent ressentir les enfants pendant leur scolarité. Et il n’est pas fou de comprendre alors pourquoi certains n’aiment pas l’école. Honnêtement, je l’ai souvent apparentée au bagne. L’école ne doit pas être une prison, un cloisonnement de l’esprit au profit d’une diarrhée d’informations peu nutritives, mais Le lieu de la découverte du monde qui nous entoure.
C’est pourquoi il n’est pas incongru d’en arriver à la conclusion que nous ferions mieux de compatir au sort que nous réservons à nos progénitures en les envoyant à l’école. Perso j’ai décidé, soit de ne pas avoir de gosses, soit de faire comme Heidi et de les envoyer chez un grand père grognon à la montagne. Faites vos jeux ! Faites vos choix !




Commentaires
1. Le mardi 21 avril 2009 à 13:40, par petit papillon
2. Le lundi 28 mars 2011 à 01:07, par pseudo
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