Il disait notamment : « enseigner ce n’est pas que répéter une connaissance, un savoir, c’est aussi comprendre l’élève, adapter son cours à chacun, aider l’élève qui en a besoin à mieux comprendre et permettre aux potentiels de développer au-delà cette connaissance. Il est vrai que cela nous oblige à nous interroger, mais c’est stimulant. Il faut donner à l’élève l’envie et les moyens de passer du statut d’apprenant à celui d’acteur dans l’acquisition de la connaissance. Il faut aussi lui permettre d’expliquer sa démarche. Ainsi, il échappera aux connaissances incomplètes et pourra repousser les frontières de sa connaissance et de sa conscience.

Ce en quoi, la pensée de Jacques Lagroye rejoint celle de Khalil GIBRAN(1) qui écrivait en 1923 à propos de l'enseignement dans son chef d'Å“uvre « Le prophète » :

L’enseignement.

Alors, dit un professeur,

Parlez-nous de l’enseignement et il dit :

Aucun homme ne peut rien révéler,

Sinon ce qui repose à demi-endormi dans l’aube de votre connaissance.

Le maître qui marche parmi les disciples, à l'ombre du temple,

Ne donne pas de sa sagesse mais plutôt de sa foi et de sa capacité d’amour.

S’il est vraiment sage,

Il ne vous invite pas à entrer dans la maison de sa sagesse,

Mais vous conduit plutôt au seuil de votre esprit.

Khalil GIBRAN

Jacques Lagroye était un brillant pédagogue, guidé par la passion du savoir et la générosité du cÅ“ur. Unanimement apprécié de tous, nous avons perdu un homme de talent, un de ceux parmi les 25% que je souhaite aux enfants (cf. www.derriereletableau.fr page 30). Bon vent !

(1)Khalil GIBRAN naît en 1883 à Bcharré(Bsharri) au Liban. Il émigre aux USA en 1894 mais retournera au Liban trois plus tard pour faire ses études à l'École de la Sagesse de Beyrouth. Il décèdera à New York en 1931.