Est-ce simplement parce que les esprits intelligents sont attirés par les activités artistiques – musique, danse, théâtre – ou le fait de pratiquer un art dès son jeune âge engendre-t-il dans le cerveau des modifications favorables au développement d’autres aspects de la cognition ?

Synthétisé par le Michael S. Gazzaniga, PhD, University of California, voici les conclusions auxquelles les chercheurs sont parvenus :

1. Le fait de s’intéresser aux arts de la scène produit une «motivation » propice à une «attention soutenue» (ou concentration) dont on a besoin pour progresser. La pratique de l’attention permet de s’améliorer dans d’autres domaines de la cognition.

2. Des études génétiques ont signalé des gènes candidats qui pourraient expliquer des différences individuelles de l’intérêt que nous manifestons pour les arts.

3. Il existe des liens spécifiques entre une formation musicale poussée et la faculté de manier des informations en mémoire à court et à long terme, déployant ainsi leurs effets au-delà du domaine de la musique.

4. Chez l’enfant semblent exister des liens spécifiques entre la pratique de la musique et les compétences concernant la représentation géométrique, mais pas pour les autres formes de représentation numérique.

5. Il existe des corrélations entre la pratique de la musique et l’acquisition de la lecture ainsi que l’apprentissage séquentiel. La conscience phonologique, qui est un des indicateurs centraux de l’acquisition précoce de la lecture et de l’écriture, est corrélé à la fois avec la pratique de la musique et le développement d’une voie spécifique dans le cerveau.

6. Le théâtre semble procurer un renforcement de la mémoire en stimulant l’habileté à manipuler des informations sémantiques.

7. L’intérêt auto-déclaré d’un adulte pour l’esthétique est en rapport avec un tempérament ouvert, lui-même influencé par des gènes liés à la dopamine.

8. Qu’il s’agisse des résultats obtenus ou des substrats neuronaux sous-tendant l’organisation des actions complexes, il n’y a pas grande différence entre le fait d’apprendre à danser en observant les pas de danse ou en les exécutants soi-même. L’apprentissage par l’observation est aussi applicable à l’acquisition d’autres compétences cognitives. Ainsi nos connaissances sur l’art et la cognition progressent.

Les travaux issus de la recherche et en particulier la neuro-imagerie montrent qu’une activité artistique peut modeler le cerveau au point d’accroître les compétences cognitives générales de l’être humain.

Au-delà, la musique a des effets thérapeutiques. D’après toutes les études réalisées dans le monde, il semblerait que la seule musique universelle qui fasse vibrer tout le monde a été écrite par Mozart et permet à chacun de rétablir son équilibre intérieur ce qui en plus à un effet thérapeutique. Au-delà, les analyses ont montrés que le chant grégorien à un effet apaisant. Ce chant suit un rythme proche du système respiratoire caractérisé par une succession d’ondes plus ou moins longues. Pour utiliser une métaphore : les vagues de la mer qui se suivent sans être jamais totalement identiques les unes aux autres s’apparentent à la structure du chant Grégorien.

Une dimension pleine de vitalité s’ouvre dans les neurosciences. Le jour où l’homme aura compris par quels moyens la pratique ou l’amour d’un art peuvent amplifier ses compétences cognitives, il commencera à mieux savoir apprendre, à être plus créatif et à prendre davantage de plaisir à la vie.

Pour conclure, voici ce que disait Shakespeare, Le Marchand de Venise (V, 1)

L'homme qui n'a pas de musique en lui,

Celui que n'émeut pas la douce harmonie des sons,

Est mûr pour la trahison, le vol et la perfidie.

Les émotions de son esprit sont tristes comme la nuit ;

Ses aspirations, sombres comme l'Erèbe:

Méfie-toi d'un tel homme.

Ecoute la musique.