Les chiffres de l’organisation mondiale de la santé indiquent que 75% des consultations médicales dans les pays développés sont liées à des dérèglements causés de façon directe ou indirecte, à l’excès de stress négatif. Toujours selon l’OMS, dans 8 cas sur 10, nos troubles découlent de nos difficultés à exprimer nos émotions.

Se tordre, s'esclaffer, se poiler, se marrer, glousser, se désopiler, rigoler, ricaner, pouffer... Si les synonymes du rire sont nombreux, c'est peut-être parce qu'ils reflètent la complexité d'un phénomène qui met en jeu les fonctions musculaires, respiratoires, nerveuses et aussi psychiques de l'individu.

Il y a le rire jaune, le rire forcé, le rire déplacé, le rire grinçant, le rire gras, des rires qui ne révèlent pas des instants de plaisir mais plutôt de tension, de fragilité ou de difficulté... Ces rires nous permettent d’accepter une situation, de la gérer tout en laissant transparaître notre réel état d’esprit...

En ce qui nous concerne, nous retiendrons le fou rire, qui débute par un petit rire étouffé et incontrôlable. Ce rire fou perd la raison, auquel nous n’y pouvons rien, devient bien souvent contagieux. C’est un rire qui ne s’explique pas et qui peut se déclencher à n’importe quel moment qu’il soit heureux ou malheureux. C’est un rire qui permet d’évacuer une charge émotionnelle importante, déclenchée par une situation cocasse… ou triste. C’est une réponse physique involontaire à une émotion. Il part du cerveau. Le rire provient de l'hémisphère droit du cerveau, dans le cortex préfrontal : c'est là que se situe le contrôle de la personnalité. Il est en interaction avec le système limbique, le siège des émotions tristes ou heureuses. Ce cortex reçoit un message, par exemple, un chatouillement. Il dicte alors au système limbique le type de réponse qu'il doit donner à ce message.

Le système limbique ajuste son niveau de réponse, du sourire discret à l'hilarité incontrôlable. Que le rire soit timide ou franc, il provoque une série de phénomènes physiques extrêmement bénéfiques pour notre santé. Déjà le bébé sourit dans le ventre de sa maman !

Qui n’a pas entendu "Le rire, c'est la santé". Cette assertion véhiculée depuis l'Antiquité est aujourd'hui une donnée médicale, expliquée et vérifiée depuis quelques décennies seulement.

Des chercheurs (Neuron, décembre 2003 ; vol. 40 : p. 1041-1048) ont montré que l'humour aurait le même effet qu'une drogue. Pour en arriver à cette conclusion, ils ont soumis 16 volontaires à un IRM (appareil d'imagerie par résonance magnétique) permettant d'observer les zones du cerveau activées. Après leur avoir montré des illustrations, ils ont observé leur activité cérébrale. Ils ont ainsi remarqué que les images les plus drôles activaient les "centres de récompense", situés dans la partie gauche du cerveau. Ces zones sont impliquées dans la libération de dopamine, un neurotransmetteur primordial dans les sensations de plaisir. D'ailleurs, cette stimulation particulière du cerveau par l'humour est proche de celle des drogues. Les chercheurs pensent que cette observation permettra d'élucider les mécanismes de la déprime et ainsi permettra de proposer des réponses thérapeutiques. Rire la meilleure thérapie pour les mammifères Homo sapiens que nous sommes. A pratiquer à très haute dose.

Publié au journal officiel, le Ministre de l'éducation Nationale a signé le décret qui impose le rire à toutes les écoles, à tous les enseignants, à tous les élèves. Chaque cours devra commercer par 5 minutes de fou rire !

Merci Mauricette Toussaint !