Quel avenir...
Par Bernard, mercredi 29 avril 2009 à 09:16 | JAL, tous les jours | #108 | rss
Momar Seck, Couleurs et Matières, Techniques mixtes sur toile, Originale, 50cm*46cm, Copyright, tous droits réservés.
Prix UNESCO pour la promotion de l’art, l’artiste peintre et sculpteur sénégalais Momar Seck, vit, enseigne et pratique son art à Genève (Suisse) mais également à Dakar.
Couleurs et matières dans une tonalité de jaunes, d'ocres, d’orangés et de noirs qui font vivre une palette de visions d'Afrique rehaussées par des incrustations variées comme ce sable du Sahel amassé par le vent du désert… Momar exploite pour le bonheur de tous, les couleurs du soleil aux nuances du Sénégal, de l’Afrique noire.
En mouvement, l’œuvre de Momar cherche à émettre des signes de vie, d'espoir et de lumière et paraît puiser dans les formes les plus fondamentales de l'art pour que chacun de nous y trouve un sens visible.
Cet artiste de grand talent, des couleurs aux matières exprime dans son œuvre la luminescence et la générosité qu’il a dans le cœur.
Momar, défenseur des opprimés et des exilés milite pour l’accès à la culture de tous et son œuvre m’invite à évoquer le cas des étudiants dont l’avenir est en danger.
Je me suis présenté dans une Université afin de rencontrer son président. Je suis plutôt grand et pas trop intimidable… mais comme de nombreux étudiants, j’ai été refoulé… Connaissez-vous la parabole sur "la multiplication du pain et du vin"…, j'adhère, et puis celle qui dit "si on te frappe sur une joue tend la seconde", hélas pour eux, celui qui me donne un pain, mon éducation m’invite à lui en rendre deux… tout cela pour évoquer la situation des plus jeunes et des plus fragiles, en situation précaire et empêchés d’entrer dans les facultés pour étudier.
Sans prendre partie sur le fond du problème des revendications d’étudiants et d’enseignants-chercheurs, je trouve particulièrement inadmissible et grave que dans une démocratie, la liberté des uns soit entravée par la contestation des autres « minoritaires ».
Leurs demandes sont peut-être honorables mais en aucun cas leurs pratiques !
JAL qui intervient aussi pour la défense des plus fragiles ne peut accepter cette situation.
En lien avec plusieurs réseaux de chercheurs, l'un d'eux, m'a envoyé l'article publié par « Libération ». La plume de Virginie Roussel, journaliste, exprime bien la condition de ces jeunes français et étrangers que la République de France ne protège pas !
« La terreur des bloqueurs
Virginie Roussel, journaliste et chargée de cours à l'université Paris III
Les grévistes qui bloquent l’université de Paris-III éliminent-ils les étudiants les plus fragiles et les plus précaires – ceux qui nous servent au McDo – en les dissuadant de poursuivre leurs études ? Oui !
Mettent-ils en danger les étudiants étrangers qui doivent justifier de leur scolarité pour obtenir le renouvellement de leur carte de séjour à la préfecture de police, sans quoi ils risquent de se retrouver sans papiers ? Encore oui.
Mais comment s’y prennent-ils au juste, ces bloqueurs, pour réussir le torpillage exemplaire de Paris-III ? Voici le mode d’emploi. D’abord, vous constituez une AG, une petite assemblée minoritaire qui décide de l’avenir de toute une université. A ÂParis-III, ils sont 400 (les jours fastes) à décider pour quelque 16 000 étudiants, soit 2,5 % de l’université. Une fois acquise, cette «légitimité» fait loi, au sens propre comme au sens figuré.
Même l’autorité de la présidente, qui s’est pourtant prononcée contre le blocage partiel ou total de son université, est bafouée. Dès qu’ils occupent les lieux, ils ont droit de vie et de mort sur la scolarité des étudiants. Les bloqueurs contrôlent les identités – tout en refusant de décliner la leur. Et à ce stade, les plus timides ou les plus impressionnables s’en vont. Quand un enseignant décide de braver l’interdit, il se fait rattraper et expulser de son cours sur un ton comminatoire. Professeurs en amphi ou chargés de cours, tous sont interdits d’enseigner. Et pour eux, il n’existe aucun recours. Si ce n’est de faire cours dans un café, à proximité. Seuls parviennent à se faufiler étudiants et enseignants qui mentent sur leur identité et sur la raison de leur présence.
Dans la prestigieuse Sorbonne nouvelle, au 13 rue de Santeuil, dans le Vème arrondissement de Paris, le mensonge, la duperie, la force et l’impunité sont les nouveaux modèles de réussite. «L’enseignant chercheur sait qu’il y a plus fragile que lui à l’université, qu’il y a les étudiants qui risquent beaucoup plus, quoique les enseignants chercheurs puissent être à plaindre. Ils le sont sans doute, ils ont des raisons de ne pas être contents. Mais il y a plus fragiles qu’eux. Il y a des femmes et des hommes, des filles et des garçons, qui jouent beaucoup plus gros qu’eux, ce sont les étudiants. Qu’ils prennent la responsabilité de mettre en péril la vie professionnelle, l’avenir de leurs étudiants, je n’ose même l’imaginer», a déclaré Axel Kahn, président de l’université Paris-V Descartes, sur France 3, le 10 avril. «Ou alors, il n’y a plus de responsabilité, ou alors il n’y a plus de sens moral par rapport à ces jeunes», conclut le généticien.
Hélas, monsieur Axel Kahn, la réalité a dépassé votre scénario catastrophe. A Paris-III, c’est la sélection darwinienne qui prévaut. Seuls les plus forts peuvent y survivre. On s’oriente vers un diplôme au rabais : sur treize semaines de cours, les étudiants ne seraient finalement jugés que sur trois. La filière professionnelle des masters composée d’étudiants venus de Russie, du Kazakhstan, de Chine, de Tunisie, d’Egypte… est sacrifiée, le cursus de milliers de jeunes compromis et l’université décrédibilisée aux yeux des entreprises. Récemment, les médias ont diffusé l’information, selon laquelle, il n’y avait plus qu’un tiers des bacheliers qui choisissaient l’université.
Aujourd’hui, ne peut-on pas se poser certaines questions : pourquoi certains étudiants veulent-ils la mort de l’université ? Source Libération »




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