Les actions contre la mondialisation, la lutte des opprimés pour le respect de leurs droits à l’égalité, à la justice et à la paix, marquent, partout dans le monde, l’émergence d’une prise de conscience des citoyens : le devenir d’une société plus humaine, fondée sur les droits de l’homme, dépend de leur engagement solidaire.

Parallèlement, dans des villes de plus en plus nombreuses, la démocratie participative se construit. Etre citoyen, c’est y faire entendre son avis, proposer des projets et des solutions aux problèmes, s’associer aux débats et aux prises de décision et assumer des responsabilités dans leur mise en oeuvre.

Mais qu’en est-il des enfants ? Sont-ils, eux aussi, des citoyens pouvant exercer des libertés et un véritable droit de participation dans tous les lieux où ils vivent ?

En se référant à la Convention internationale des droits de l’enfant, l’auteur montre qu’au terme d’un long processus historique, l’enfant soumis est devenu enfant citoyen, désormais titulaire de droits civils, sociaux et culturels, mais aussi de libertés publiques.

Toutefois, un apprentissage s’avère nécessaire. Le « métier de citoyen participatif» exige compétences, engagement, prise de conscience des responsabilités et de leurs implications, sens de l’action solidaire et coopérative, maîtrise des techniques qui concourent à l’élaboration, à la mise en Å“uvre et à l’évaluation d’un projet démocratique. L’assurance, la confiance et les compétences nécessaires pour s’impliquer dans l’action collective ne peuvent s’acquérir que progressivement. : Citoyen, l’enfant devient citoyen par la pratique même de cette citoyenneté. L’école devient donc, plus encore que par le passé, le lieu de cette apprentissage à la citoyenneté.

En pariant sur les capacités des enfants à organiser eux-mêmes leur vie et leur travail, à assumer des responsabilités, en leur permettant de donner leur avis individuellement et collectivement au sein d’institutions démocratiques, en créant les conditions pour qu’ils puisent réellement exercer les libertés publiques qui leur sont reconnues, en les faisant participer à la mise en place d’une discipline éducative, les enseignants peuvent permettre à tous les enfants de devenir des citoyens libres, autonomes, responsables, capables d’être les membres actifs d’une société démocratique.

S’appuyant sur une riche expérience d’instituteur, de formateur et de chercheur, et sur toutes les actions novatrices que mettent en place actuellement des équipes pédagogiques, l’auteur montre que cela est possible.

La démocratie participative à l’école n’est plus une utopie, même si les interrogations et les controverses demeurent nombreuses.

Permettre aux enfants d’exercer les droits qui leur sont reconnus par la Convention internationale des droits de l’enfant, à l’école comme ailleurs, continue d’être, aujourd’hui, une action novatrice et un combat pour tous les éducateurs.



Jean Le Gal : Docteur en sciences de l’éducation, il a été instituteur en classe coopérative pendant une trentaine d’années, puis maître de conférences à l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM) de Nantes. Militant et responsable du Mouvement Freinet, il est chargé de mission aux droits de l’enfant et à la citoyenneté.

Les droits de l’enfant à l’école Pour une éducation à la citoyenneté Ed. DeBoeck-Belin,