La fonction respiratoire des Enfants élevés en environnement pollué est altérée et favorise l’asthme et des recrudescences de broncho-pneumopathie chronique obstructive. L’altération des fonctions respiratoires est un facteur de mortalité qui tue en France chaque année plus de 15.000 personnes et selon les experts, qui sera la 3ème cause de mortalité en 2020. Selon le Parlement Européen, 365.000 personnes meurent chaque année de la pollution atmosphérique.

Sur une cohorte de 3677 enfants de 10 à 18 ans, cette première étude longitudinale de la Children's Health a évalué chaque année le développement respiratoire des enfants en fonction de la distance entre l’habitat et les voies de circulation. Les facteurs considérés dans l’étude sont l’origine, le sexe, le niveau socio-économique, les pathologies respiratoires, les éventuelles expositions à des polluants, au tabagisme passif ou actif, les animaux…

Les comparaisons ont été effectuées selon que les enfants habitent à moins de 500 mètres d’une voie de circulation, entre 500 à 1 000 mètres et entre 1 000 à 1 500 mètres par rapport à une population d’enfants vivant à plus de 1500 m d’une voie de circulation.

Le niveau d’exposition à la pollution a été calculé par rapport à une zone de circulation plus faible mais également par rapport à un modèle analytique qui intègre les conditions météorologiques, le type de gaz d’échappement, la densité du trafic. Au moyen d’analyseur en temps réel, les particules PM10 et PM2,5 étaient recherchées ainsi que le carbone élémentaire issu du diesel, les taux d’azote et de dioxyde, les fumées acides, etc.

Entre 10 et 18 ans, le Volume Moyen Expiratoire Maximum Seconde est de 2406ml chez les garçons et de 1316 ml chez les filles. Comparé à un habitat éloigné de 1500m, il est observé que ceux qui résident à moins de 500m voient leur Volume Expiratoire Maximum Seconde diminué de 81ml.

Les polluants chimiques PM10 et PM2.5, le carbone élémentaire issu du diesel, les taux d’azote et de dioxyde, les fumées acides… ont un effet défavorable sur le développement respiratoire des enfants et entraînent une baisse en moyenne de 100ml du Volume Expiratoire Maximum par Seconde dans les zones les plus polluées.

Parmi les 1445 enfants qui ont réalisé l’ensemble des protocoles, dès lors que les enfants habitent à moins de 500m, le débit expiratoire moyen est diminué de 6,6%.

L’étude fait observer que la concentration en divers polluants est augmentée dans des proportions considérables dans des zones proches des voies de circulation et s’atténue avec l’éloignement.

Ces polluants, indépendamment de la pollution ambiante, impactent durablement et dramatiquement les fonctions respiratoires des enfants et entraînent des pathologies graves.

Les conclusions du Dr Gauderman combinées avec d’autres études épidémiologiques des Drs Sandström et Brunekreef débouchent sur des questions importantes pour notre société sur l’implantation des habitats, des écoles à proximité des voies de circulation, sur la structure des infrastructures de transport, sur les carburants et les moteurs.

Une étude récente de l’Inserm sur des jeunes de 20 à 30 ans prouve que la pollution est un facteur de risque cardiovasculaire majeur. Ces jeunes ont été sélectionnés sur des critères sévères. Entre les jours les plus pollués et les moins pollués, les concentrations d’azote, de dioxyde de soufre et de monoxyde de carbone atteint chez ces jeunes les valeurs de ceux souffrant de diabète, d’hypercholestérolémie, d’insuffisance cardiaque, d’AVC… et de conclure « adaptons nos comportements afin d’exposer au minimum les enfants » et recommandant de porter un masque.

Des chercheurs de l'Ecole de Santé Publique Mailman de l'Université de Columbia ont mis en évidence que les femmes exposées à de fortes concentrations d'hydrocarbone aromatiques polycycliques( HAP), au cours du troisième trimestre de leur grossesse avaient tendance à avoir des bébés plus petits avec des crânes plus petits que la moyenne.

Les chercheurs ont confié des détecteurs de pollution à 263 femmes qui ont porté ces détecteurs sur elles pendant 48 heures. Ils ont ensuite analysé les polluants récoltés dans les filtres des appareils et après la naissance des bébés, vérifié les quantités de polluants présents dans leur sang.

Les chercheurs ont également trouvé que les bébés des deux groupes avaient des poids de naissance plus faibles quand le pesticide chlorpyrifos (couramment utilisé dans les écoles et les logements) était retrouvé dans leur sang.

L’observation des effets de la pollution sur les difficultés d’apprentissage des enfants donne ses premiers résultats. Une étude publiée dans la revue Pediatrics, de Frederica Perera PhDr, directrice du centre sur la santé et l'environnement des enfants de l'université de Columbia, indique que la différence est suffisante pour influer sur les résultats scolaires. L'exposition à la pollution atmosphérique avant la naissance a une influence sur le QI.

Le Docteur Frederica Perera précise que de nombreuses études montrent qu'une circonférence crânienne réduite à la naissance ou durant la première année est corrélée avec un QI plus faible et une fonction cognitive moins performante ».

L'étude a porté sur 249 enfants portés par des mères vivant à New York. Au cours des derniers mois de leur grossesse, ces futures mères ont été équipées pendant 48 heures d'un dispositif de contrôle de l'air de leur environnement. Ces personnes vivaient essentiellement dans des quartiers du nord de Manhattan et du sud du Bronx, particulièrement exposés aux gaz d'échappement des voitures, des bus et des camions.

Les enfants ont été soumis à des tests de QI à l'âge de 5 ans, avant qu'ils ne commencent à aller à l'école. Les plus exposés aux polluants ont eu des résultats aux tests inférieurs d’environ 5 points à ceux des enfants moins touchés par les gaz d'échappement.

Le Dr Patrick Breysse, spécialiste de la santé et de l'environnement, de l'université Johns Hopkins, souligne que l'exposition à la pollution atmosphérique avant la naissance pourrait avoir les mêmes effets sur le développement du cerveau que l'exposition au plomb.

C’est éminemment un problème de santé publique !