Lors de la marche JAL, Nantes-Paris « organisée » et « marchée » par les jeunes à haut potentiel, j’ai observé qu’il n’était pas nécessaire de chanter une berceuse pour les endormir le soir. Il est vrai qu’après une journée de marche de 33 kms en moyenne et la perspective de la suivante, ils étaient bercés par cette heureuse aventure. Ces jeunes qui marchaient étaient aussi dans une dynamique de réussite dans leurs études et sur le plan personnel, ils s’adaptaient parfaitement. Cependant, habituellement ces enfants et ces jeunes s’endorment toujours difficilement et tardivement. Une molécule s’activerait-elle pendant cette marche ?

J’ai observé de manière empirique que les enfants qui pratiquaient du sport, de la musique, des arts plastiques, etc. semblaient mieux dans leurs baskets, pas tous mais une grande majorité.

J’ai décidé d’analyser le dossier d’enfants pour lesquels JAL est intervenu. J’ai vérifié s’ils pratiquaient un sport et dans quelle mesure. J’ai réparti la pile en 6 paquets : Sport à l’école -2h ; Sport de loisir constant 1h-2h ; Sport de loisir mais changé constamment 1h-2h ; Sport intense 3h-6h selon l’âge ; Sport de compétition 6h-10h ; Pas de sport.

La population observée n’est pas représentative et je ne tire aucune statistique, simplement quelques pistes de réflexions. J’observe que les enfants font : Un peu de sport à l’école, d’autres pratiquent un peu de sport de loisir en plus, certains font un peu de sport en dehors de l’école mais changent constamment, peu d’enfants pratiquent du sport de manière intense, encore moins pratiquent du sport de compétition. Trop ne pratiquent pas de sport…

J’ai recommandé aux parents de faire pratiquer du sport intensément et si possible de compétition à leurs enfants. Après 8 mois, j’observe que les résultats sont très encourageants.

Je considère qu’il serait utile de monter un programme de recherche sur le sport et son impact sur le comportement de l’enfant ainsi que sur ses résultats scolaires.

Il est intéressant de noter qu’il semblerait que les enfants qui pratiquent le plus, sont ceux pour qui globalement cela se passe le mieux. Je vais souvent dans des centres d’entrainements sportifs et j’accompagne également des enfants lors de compétitions. J’ai demandé aux parents et à des enfants « pourquoi du sport ». Si des parents voyaient dans leurs enfants les futurs champions de demain, je synthétiserai la réponse des autres par « équilibre, développement, plaisir, bien-être, pour qu’il se défoule ». Pour les enfants dont la pratique est intensive/compétition, la réponse est plus directe « parce que j’aime ça ! », c’est un peu plus nuancé chez les autres.

S’agit-il d’une meilleure oxygénation du cerveau, s’agit-il d’une meilleure vascularisation, c’est probable, s’agit-il d’une augmentation du nombre de neurones et de neurotransmetteurs comme le suggèrent plusieurs études, s’agit-il d’une modification biologique…, il semblerait que pour les enfants hyperactifs, pratiquer un sport permettrait une meilleure régulation de la dopamine, pour les dépressifs, pratiquer un sport permettrait au taux de sérotonine de quintupler et réduirait ainsi les dépressions. Cette molécule aurait aussi une action sur le sommeil et pourrait atténuer l’anxiété. Le nombre d’enfants dépressifs est considérable et 16,4% des jeunes de moins de 19 ans ont consommé des psychotropes. Cette question est traitée dans le livre présenté cf. www.derriereletableau.fr ».

Le sport intense pourrait-il être une réponse pour tous ces enfants sous antidépresseur, tous ces enfants en difficultés, tous ces enfants anxieux ? Autant de questions qu’il serait pertinent d’éclairer précisément.

J’en suis convaincu, le sport est bénéfique pour les enfants. Reste à le prouver scientifiquement.