de cet enfant et quelques discussions, il me confiait son rêve de voir son père autrement que par le « prisme de l’argent ». Il plongea une main dans sa poche et en tira une poignée de billets. Je lui demandais s’il n’avait pas peur d’être agressé. Il me répondit « non » et si cela arrive, il sera obligé de s’occuper de moi. De notre conversation, il ressorti que tout était orchestré par ses parents sans jamais lui demander son avis. Inscrit dans le club le plus huppé de la capitale, on ne lui demandait pas ce qu’il aimait. Contournant la cathédrale Orthodoxe Saint Alexandre Nevsky, il me demanda si j’allais à l’église. Je lui dis « oui. » Il me dit « peut-on entrer dans celle-là ? », bien entendu... Je perçus un vent d’émotion le submerger… Il me confia qu’il entrait pour la première fois dans une église. Il avait demandé plusieurs fois à ses parents… avec pour seule réponse « nous n’avons pas le temps mon chéri ». J’ai demandé à cet enfant de faire la liste de ce qu’il aimait et ce qu’il n’aimait pas et de me la confier…J’ai réuni la famille et sans discours, j’ai donné une copie de la liste. A l’issue de cet entretien, j’organisais notamment la prise en charge de la formation spirituelle et le droit pour cet enfant d’aller à l’office quand bon lui semblait. 8 ans d’âge biologique, 14/15 ans dans sa tête…

BeepBeep c’est aussi cela. Entendre et s’adapter pour le plus grand bien de l’enfant. Que c’est difficile d’être parent, surtout d’entendre, sans interpréter en fonction de ses propres rêves, ce que dit l’enfant… Sans fait argumentant en faveur d’un refus catégorique, je suis toujours stupéfait mais pas étonné. Stupéfait par la décision de parents de s'arc-bouter contre un désir de religiosité de leur enfant. Pas étonné car cela remet en cause leur chemin de vie, leurs valeurs, etc.

Pourquoi un enfant veut-il absolument aller à l’église alors que ses parents se disent athées ? C’est peut-être le « mystère de la foi », c’est peut-être la « grâce » que cet enfant à reçu du divin ?

Des neurosciences à la neurothéologie, le débat fait rage entre les chercheurs pro et les chercheurs anticléricaux. Cependant il y a au moins un point d’accord. Ils concluent que la « croyance », toutes religions confondues, augmente l’espérance de vie et permet également de lutter contre l’anxiété. Les uns cherchent à comprendre les mécanismes et les autres, opposés aux religieux s’activent pour tenter de reproduire les effets anxiogènes. Vous aurez compris que les objectifs ne sont pas les mêmes…

Que se passe t-il dans le cerveau au moment de la prière ?

Dimitrios Kapogiannis(a,b), Aron K. Barbey(a,c), Michael Su(a), Giovanna Zamboni(a), Frank Krueger (a), Jordan Grafman(a,1), éminents chercheurs aux Etats-unis déclarent, dans le journal américain « Proceedings of the National Academy of Sciences(d) », avoir localisé la zone du cerveau qui contrôle la foi religieuse.

La croyance, pouvoir supérieur et céleste serait profondément ancrée dans le cerveau humain, qui serait programmé pour l'expérience de la religiosité. Pour le professeur Jordan Grafman, du National Institute of Neurological Disorders and Stroke à Bethesda, près de Washington, "la foi et le comportement religieux sont des traits de la vie humaine qu'on retrouve dans toutes les cultures et qui sont sans équivalent dans le règne animal". "Nos résultats démontrent que les constituants spécifiques de la croyance religieuse concernent des circuits du cerveau connus."

Le docteur Eugène d'Aquili, anthropologue des religions et le docteur Andrew Newberg, neurophysiologiste, chercheurs à l'Université de Pennsylvanie, ont fait passer des IRM à des moines bouddhistes au moment de la prière ainsi qu’à d’autres volontaires de religions différentes. Au moyen de caméras à positons utilisés en imagerie médicale, les chercheurs ont enregistrés les modifications qui se produisaient dans le cerveau. Pour tous les volontaires, l’activité des neurones situés dans le lobe pariétal cessait. Ces faisceaux de neurones traitent les données « espace-temps ».

A la sortie du livre « La biologie de Dieu », le Docteur Anna Alter, Astrophysicienne écrivait je cite " En concentrant son attention sur un objet affectivement chargé ... le méditant reçoit sur son lobe pariétal droit des messages qui lui parviennent de l'extérieur par les aires visuelles... Les images réelles en réveillant les images gravées dans la mémoire augmentent directement l'activité de l' hippocampe droit qui, par le biais de ses connexions inhibitrices débranche progressivement le lobe pariétal droit tout en stimulant les noyaux de l'hypothalamus qui contrôlent à distance le coeur et les poumons, s'ensuit une perte d'orientation qui se traduit par une impression d'espace infini et s'accompagne d'un ralentissement du rythme cardiaque et de la respiration. Si la méditation est efficace, tous les équilibres neurophysiologiques finissent par rompre d'un coup, brutalement. Le lobe gauche, chargé de maintenir la coupure entre soi et les autres, disjoncte à son tour. Le sujet atteint alors une quiétude béate, l'extase absolue, le nirvana. Il tombe dans l'E.A.U (abréviation de "l'Etre Absolu Unitaire") disent les neurophysiologistes.

La communauté scientifique, les philosophes et les théologiens sont divisés sur l'origine de la foi. Pour certains elle est d'origine biologique, pour d'autres culturelle. Prudents, ils précisent qu’il n'y a 'aucun moyen pour déterminer si les modifications neurologiques associées à l'expérience spirituelle signifient que c'est le cerveau qui provoque ces expériences ou si, au contraire, il perçoit une réalité spirituelle". La route sera longue...

Pour en revenir aux parents d’enfants demandeurs, aucun fait tangible si ce n’est éventuellement l’interdit, n’explique la volonté de leurs chérubins de suivre un enseignement religieux. Qu’en pensez-vous Docteur ?

Parents c'est leur chemin de vie qu'il faut éclairer!

a-National Institute of Neurological Disorders and Stroke/National Institutes of Health, MSC 1440, 10 Center Drive, MSC 1440, Bethesda, MD 20892-1440;

b-National Institute on Aging/National Institutes of Health, 3001 South Hanover Avenue, Baltimore, MD 21225;

c-Department of Psychology, Georgetown University, White-Gravenor Hall 306, 37th and O Street NW, Washington, D.C. 20057

d-Edited by Marcus E. Raichle, Washington University School of Medicine, St. Louis, MO, and approved .