Selon l’étude longitudinale de la Children's Health, les polluants chimiques PM10 et PM2.5, le carbone élémentaire issu du diesel, les taux d’azote et de dioxyde, les fumées acides… ont un effet défavorable sur le développement respiratoire des enfants.

Les conclusions du Dr Gauderman combinées avec d’autres études épidémiologiques des Drs Sandström et Brunekreef débouchent sur des questions importantes pour notre société sur l’implantation des habitats, des écoles à proximité des voies de circulation, sur la structure des infrastructures de transport, sur les carburants et les moteurs.

« Troubles respiratoires et résultats scolaires » de B.Leune tendrait à montrer que les enfants présentant des troubles respiratoires graves obtiendraient des performances scolaires moindres. Quelque soit l’intelligence de l’enfant, l’indice psychométrique n’est pas utilisable. Il aurait fallu disposer de chiffres avant une exposition aux polluants ou au déclenchement des troubles respiratoires.

Les insecticides, pesticides… sont également incriminés dans plusieurs études. Le Dr Florence Menegaux, Inserm, publiait dans le journal scientifique Occupational and Environmental Medicine, un article sur les enfants fréquemment exposés à des insecticides ménagers dont les shampoings anti-poux… Ils courent un risque de développer une leucémie infantile deux fois supérieur aux autres.

“Urinary Biomarkers of Prenatal Atrazine Exposure and Adverse Birth Outcomes in the PELAGIE Birth Cohort”**, publié dans Environmental Health Perspectives, indique que l’enfant exposé aurait un retard de croissance intra-utérin.

“Prenatal Exposure to Organophosphate Pesticides and IQ in 7-Year-Old Children***”, publiée dans Environmental Health Perspectives, tendrait à montrer que le QI des enfants exposés serait minoré de 7 points.

"Intellectual impairment in school-age children exposed to manganèse from drinking water****" publié dans Environmental Health Perspectives, montrerait que la consommation excessive de manganèse est neurotoxique et serait un facteur de déficit neurocomportemental. Le QI serait affecté, la mémoire et l’attention. Il est observé des désordres liés à l'hyperactivité et d’oppositions. L'étude montre que plus l'exposition au manganèse est élevé plus le QI diminue. L'auteur suggère qu'il existe une corrélation entre le manganèse et les désordres du développement et propose que le taux de manganèse soit réduit.

Le Bisphénol A et S sont aussi des perturbateurs endocriniens que l'on trouve dans les boites de conserves, les biberons, les bouteilles : "Bisphenol A is released from polycarbonate drinking bottles and mimics the neurotoxic actions of estrogen in developing cerebellar neurons*****", sur les tickets de caisses... Le Bisphénol pourrait induire des maladies neurologiques, des cancers, des désordres... Quel impact sur le développement des enfants?

Une étude du Commissariat à l’Énergie Atomique indique que le dioxyde de titane, déjà classé "cancérigène" par l'INRS, est un nanomatériau "génotoxique" présent dans de nombreux cosmétiques : produits de beauté, dentifrices, crèmes solaires, etc, pharmaceutiques : enrobage des médicaments, agro-alimentaire : colorants alimentaires, conservateurs, dans le bâtiment : ciments, peintures, revêtements muraux, pourrait endommager le cerveau en franchissant la barrière hémato-encéphalique. L'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (AFSSET) a recommandé de limiter l'exposition du public aux produits contenant des nanoparticules de dioxyde de titane. L'Afssaps, dans son rapport sur le dioxyde de titane et l'oxyde de zinc conclue et recommande de ne pas utiliser les produits contenant ces nanomatériaux en « sprays » aérosol ou en poudre sur le visage mais également quand les produits précités sont utilisés dans des locaux fermés. Elle recommande aussi la poursuite des études toxicologiques.

On découvre dans le tableau de bord régional santé-environnement que ces pollutions entrainent un retard dans les apprentissages avec des effets neurologiques et neurocomportementaux : « convulsions épileptiformes, retards psychomoteurs…».

Les enfants qui subissent des dommages « polluants » peuvent, dans l’hypothèse d’un indice psychométrique bas, s’approcher du seuil ou basculer sous le seuil de la « débilité » et aborder les apprentissages dans des conditions très difficiles. Nous avions considéré les colorants et conservateurs dans la phase préliminaire mais ignoré ces vecteurs de désordres. Lorsque nous passerons dans la phase étendue de « Brain Extensible Experimental Protocol Brain Education Efficiency program », il sera nécessaire de les prendre en considération.

Le consommateur ignore le plus souvent les effets secondaires des produits utilisés. Selon l’INRS, Il existerait plus de 100.000 substances chimiques dans notre environnement quotidien. 30.000 sont référencés mais pour la plupart que partiellement. Il appartient aux services des Etats de se préoccuper de l’innocuité des produis et de prendre toutes les dispositions qui s’imposent pour garantir à chaque enfant un développement avec le minimum de risques.

Les désordres, la morbidité, les atopies sont-ils liés au profil de l’enfant et/ou aux polluants ? Et les adultes toxiques...


** Cécile Chevrier, Gwendolina Limon, Christine Monfort, Florence Rouget, Ronan Garlantézec, Claire Petit, Gaël Durand, Sylvaine Cordier
***Maryse F. Bouchard1,2, Jonathan Chevrier1, Kim G. Harley1, Katherine Kogut1, Michelle Vedar1, Norma Calderon3, Celina Trujillo1, Caroline Johnson1, Asa Bradman1, Dana Boyd Barr4, Brenda Eskenazi1
****Bouchard M.
*****Belcher SM, Carlson EM, Chua JP, Le HH : Pharmacology and Cell Biophysics, University of Cincinnati,