Sourde de naissance, la petite Shoko est une cible de choix pour ses camarades. Peinant à entendre et à comprendre le monde qui l'entoure malgré son appareil auditif, elle s'attire très facilement l'inimitié des jeunes de son âge. Pour Shoya, un gamin cherchant toujours à se faire remarquer et bien voir de ses amis, tout est bon pour s'en prendre à Shoko. Elle n'entend rien, s'excuse toujours, se comporte bizarrement, chante et parle avec difficultés...

Les moqueries se transforment peu à peu en insultes et les insultes en un harcèlement physique violent et cruel. Seule une plainte de la famille de la jeune fille permet de mettre fin aux brimades qu'elle subit. Pour Shoya, c'est le moment où tout bascule. Désigné comme unique responsable par ses camarades qui, pourtant, s'accommodaient parfaitement de la situation, le pré-ado découvre à son tour la douleur d'être rejeté. Du jour au lendemain, il se retrouve seul avec ses regrets et ses idées suicidaires. Le destin, pourtant, lui fera recroiser la route de Shoko quelques années plus tard. Réussira-t-il à se racheter ?

Puissant et touchant à tous les niveaux, "A Silent Voice" aborde deux thèmes particulièrement durs – le handicap et le harcèlement – avec une sincérité parfois cruelle. Sans faux-semblant, Yoshitoki Oima dénonce à la fois la méchanceté gratuite, mais aussi le silence et l'hypocrisie d'une société à la recherche de boucs émissaires. Les mots sont justes. Le dessin, parfois volontairement tremblotant, est saisissant de vérité. Petit phénomène de l'année 2015, le titre prouve que le manga n'est pas qu'un média de divertissement mais aussi un outil de sensibilisation ayant sa place dans toutes les salles de classe.